PAC air-eau + plancher hydraulique vs plancher chauffant électrique : consommation, coût, confort. Comparatif détaillé 2026.
Le plancher chauffant électrique, ou plancher rayonnant électrique (PRE), est un système de chauffage par le sol qui utilise des câbles chauffants ou des trames chauffantes noyés dans une chape mince ou un ragréage. Le principe est la transformation directe de l'électricité en chaleur par effet Joule : le courant électrique traverse un conducteur résistif qui s'échauffe et transmet sa chaleur à la dalle, puis au revêtement de sol et à la pièce par rayonnement. La température de surface du sol est limitée à 28 °C maximum (norme NF DTU 65.7) pour éviter les problèmes de confort (sensation de pieds chauds, problèmes veineux).
Deux technologies principales existent sur le marché. Le câble chauffant classique (simple ou double conducteur) est posé en serpentin sur un isolant mince (3 à 5 mm de polyuréthane ou polystyrène) puis recouvert d'une chape de 3 à 5 cm. L'espacement entre les câbles détermine la puissance au m² (10 à 15 cm pour une puissance de 80 à 120 W/m²). La trame chauffante est une version simplifiée : le câble est préfixé sur un treillis en fibre de verre à espacement régulier, ce qui accélère la pose. La trame peut être directement recouverte d'un ragréage autolissant de 1 à 3 cm avant la pose du carrelage.
Le PRE est particulièrement adapté aux pièces d'eau (salle de bain, cuisine) en complément d'un chauffage central. Sa faible inertie (chape mince) permet une montée en température rapide en 20 à 30 minutes, idéale pour un confort ponctuel. En revêtement tout, le PRE peut constituer le chauffage principal d'un logement neuf à très bonne isolation (RT 2012 ou RE 2020), où les besoins en chauffage sont limités à 15-25 W/m².
Les marques leaders du PRE en France sont Thermor (gamme Mozaic), Atlantic, Delta Dore et Aeroflow. Un thermostat programmable (filaire ou sans fil) régule la température pièce par pièce. Les thermostats connectés (Heatzy, Netatmo, Delta Dore Tybox) permettent le pilotage à distance via smartphone et l'optimisation selon les tarifs heures pleines / heures creuses. La consommation électrique du PRE est directe : 1 kWh électrique = 1 kWh de chaleur (rendement de 100 %, coefficient de performance = 1). C'est là sa principale faiblesse face à la PAC.
L'épaisseur totale du PRE (isolant + câble + chape ou ragréage) varie de 2 à 6 cm selon la technique choisie. La trame sous ragréage mince (1,5 à 2,5 cm total) est la solution la moins intrusive en rénovation, car elle ne relève le sol que de 2 cm. Le câble sous chape traditionnelle (5-6 cm) convient mieux au neuf car il offre une meilleure inertie thermique et un confort plus homogène. La puissance installée typique est de 80 à 130 W/m² pour les pièces de vie et 100 à 150 W/m² pour les salles de bain.
Le plancher chauffant hydraulique (PCH) couplé à une pompe à chaleur air-eau est un système de chauffage central qui fait circuler de l'eau tiède (30 à 35 °C) dans un réseau de tubes encastrés dans la dalle du sol. La PAC air-eau capte les calories de l'air extérieur via un cycle thermodynamique (fluide frigorigène R-32 ou R-290) et transfère cette énergie à l'eau du circuit. Le COP (coefficient de performance) de la PAC en mode plancher chauffant est excellent : entre 4 et 5,5 car la température d'eau demandée est basse (30-35 °C contre 45-55 °C pour des radiateurs).
Le réseau de tubes en polyéthylène réticulé (PER) ou en polyéthylène haute densité (PE-RT) est posé en serpentin ou en escargot sur un isolant rigide (polystyrène expansé avec plots de guidage, épaisseur 30 à 77 mm selon le niveau d'isolation souhaité). Les tubes de 16 mm de diamètre sont espacés de 10 à 20 cm selon la puissance requise. L'ensemble est recouvert d'une chape fluide anhydrite ou ciment de 5 à 7 cm d'épaisseur qui enrobe les tubes et constitue la masse de stockage thermique. L'épaisseur totale du système (isolant + tubes + chape) atteint 10 à 15 cm.
La régulation du PCH se fait par un collecteur (nourrice) installé dans un placard technique. Chaque boucle de plancher (correspondant à une pièce ou une zone) dispose d'un débitmètre et d'un actuateur électrothermique piloté par un thermostat d'ambiance. La température est réglable pièce par pièce à 0,5 °C près. La loi d'eau de la PAC ajuste automatiquement la température de départ d'eau en fonction de la température extérieure : par exemple, 35 °C quand il fait 0 °C dehors, 28 °C quand il fait 10 °C. Cette modulation continue optimise le COP et le confort.
Le PCH hydraulique offre une inertie thermique importante grâce à la masse de la chape (environ 120 kg/m²). Cette inertie est à double tranchant : le sol met 2 à 4 heures pour atteindre sa température de régime après un démarrage à froid, mais il restitue la chaleur pendant plusieurs heures après l'arrêt de la PAC. Cette caractéristique permet de décaler le fonctionnement de la PAC vers les heures creuses (nuit) tout en maintenant le confort pendant les heures pleines (journée). Le stockage thermique dans la dalle représente 3 à 5 kWh pour une maison de 100 m².
La PAC air-eau réversible peut également rafraîchir le logement en été via le plancher. L'eau circule à 18-20 °C dans les tubes, abaissant la température ambiante de 3 à 5 °C. Ce rafraîchissement par le sol est silencieux et sans courant d'air, beaucoup plus agréable qu'une climatisation traditionnelle. Un contrôle du point de rosée est indispensable pour éviter la condensation sur le sol : une sonde d'humidité arrête le rafraîchissement si le risque de condensation est détecté. Le coût du rafraîchissement est très faible : environ 50 à 100 €/an pour une maison de 100 m².
La différence de consommation énergétique entre le plancher chauffant électrique (PRE) et le couple PAC + plancher chauffant hydraulique (PCH) est spectaculaire. Le PRE consomme en moyenne 40 à 50 W/m² en régime de chauffage (puissance installée de 80-130 W/m² avec un taux de fonctionnement de 40 à 60 %). Le couple PAC + PCH consomme 10 à 15 W/m² électriques pour fournir la même quantité de chaleur, grâce au COP de la PAC. Le rapport est de 3 à 4 en faveur de la PAC + PCH.
Prenons l'exemple d'une maison de 100 m² en zone H2, isolée selon la RT 2005. Les besoins en chauffage sont d'environ 80 kWh/m²/an, soit 8 000 kWh thermiques par an. Avec un PRE (rendement 100 %, COP = 1), la consommation électrique est de 8 000 kWh/an. Au tarif réglementé de 0,2516 €/kWh (février 2026), la facture de chauffage s'élève à 2 013 €/an. Avec un abonnement heures creuses et une programmation adaptée, le coût peut baisser à 1 600-1 800 €/an, mais reste très élevé.
Avec une PAC air-eau (SCOP 3,8 en zone H2 avec plancher chauffant) couvrant les mêmes 8 000 kWh thermiques, la consommation électrique tombe à 8 000 / 3,8 = 2 105 kWh/an. La facture de chauffage passe à 530 €/an au tarif de base. L'économie est de 1 483 €/an par rapport au PRE au tarif de base, soit 74 % de réduction. Sur 20 ans (durée de vie de la PAC), l'économie cumulée atteint 29 660 € (sans compter la hausse prévisible du tarif de l'électricité).
Pour une maison neuve RE 2020, les besoins en chauffage sont bien plus faibles : 25 à 40 kWh/m²/an selon la zone. Pour 100 m² en zone H2, cela donne environ 3 500 kWh thermiques par an. Le PRE consomme 3 500 kWh électriques (875 €/an), la PAC + PCH consomme 3 500 / 4,2 = 833 kWh (210 €/an). L'écart de facture se réduit à 665 €/an. Le surcoût d'installation de la PAC + PCH (élevé en neuf) met alors plus de temps à être amorti, ce qui explique pourquoi le PRE reste répandu dans les logements neufs à petit budget.
En rénovation, la consommation du PRE est encore plus problématique. Les maisons anciennes (avant RT 2005) ont des besoins de 100 à 150 kWh/m²/an. Pour 100 m² avec 120 kWh/m²/an, le PRE consomme 12 000 kWh (3 019 €/an). La PAC + PCH consomme 12 000 / 3,5 = 3 429 kWh (863 €/an), soit une économie de 2 156 €/an. Cependant, installer un plancher chauffant hydraulique en rénovation est souvent impossible (rehausse du sol de 10-15 cm), sauf en cas de rénovation lourde avec dépose du sol existant.
Le confort thermique du plancher chauffant, qu'il soit électrique ou hydraulique, repose sur le même principe : le rayonnement par le sol. La chaleur montée du sol vers le plafond crée un gradient de température vertical idéal pour le corps humain : 22-23 °C au niveau des pieds, 20 °C à hauteur de tête. Ce profil est plus agréable que celui des radiateurs qui créent des zones chaudes près de l'émetteur et des zones froides ailleurs, avec de l'air surchauffé au plafond et froid au sol.
Toutefois, le PRE et le PCH hydraulique n'offrent pas le même niveau de confort. Le PRE à trame mince sous ragréage a une faible inertie thermique : la température de surface fluctue de 2 à 3 °C au cours d'un cycle de chauffe (ON/OFF commandé par le thermostat). Ces variations sont perceptibles pieds nus sur du carrelage. Le PCH hydraulique, noyé dans une chape épaisse de 5-7 cm, offre une température de surface remarquablement stable (± 0,5 °C) grâce à l'inertie de la masse de béton. Le confort est constant, sans à-coups.
La régulation pièce par pièce est possible dans les deux systèmes, mais avec des différences de réactivité. Le PRE réagit en 20 à 30 minutes à une modification de consigne : idéal pour la salle de bain où l'on veut chauffer rapidement avant la douche. Le PCH met 2 à 4 heures pour atteindre une nouvelle température de consigne, ce qui impose une programmation anticipée (démarrage du chauffage 3 heures avant le réveil, par exemple). Les thermostats intelligents (Nest, Tado, Netatmo) apprennent les habitudes et anticipent automatiquement ces délais.
Le rafraîchissement estival constitue un avantage majeur du PCH avec PAC réversible. En faisant circuler de l'eau à 18-20 °C dans les tubes, la température ambiante baisse de 3 à 5 °C sans aucun bruit ni courant d'air. Cette fonction est impossible avec un PRE : le câble électrique ne peut que chauffer. En zone H3 (méditerranéenne) où les étés sont chauds, le rafraîchissement par le sol améliore significativement le confort pendant 3 à 4 mois par an.
Le bruit est un autre critère de différence. Le PRE est totalement silencieux : aucune pièce mobile, aucun bruit. Le PCH lui-même est silencieux (circulation d'eau sans bruit perceptible), mais la PAC air-eau génère du bruit à l'extérieur (40 à 50 dB(A) à 1 mètre pour l'unité extérieure) et un léger bruit à l'intérieur (30 à 35 dB(A) pour le module hydraulique). Ce bruit est comparable à celui d'un réfrigérateur et ne pose généralement pas de problème, mais doit être pris en compte pour le positionnement de l'unité extérieure par rapport aux chambres et au voisinage.
La qualité de l'air est comparable dans les deux cas. Le chauffage par le sol (électrique ou hydraulique) ne génère pas de convection forte, donc peu de mouvements de poussière. C'est un avantage par rapport aux radiateurs à convection ou aux convecteurs électriques qui assèchent l'air et soulèvent la poussière. Les deux types de plancher chauffant sont recommandés pour les personnes allergiques ou asthmatiques.
Le coût d'installation est le principal argument en faveur du PRE. En neuf, la trame chauffante électrique coûte entre 40 et 60 €/m² (fourniture et pose), soit 4 000 à 6 000 € pour 100 m² de surface chauffée. Ce prix comprend la trame chauffante, l'isolant mince, le ragréage ou la chape, les thermostats (un par zone, environ 50 à 150 € par thermostat) et la main d'oeuvre. L'installation est rapide (2 à 3 jours pour 100 m²) et ne nécessite qu'un électricien.
Le plancher chauffant hydraulique coûte nettement plus cher : 60 à 90 €/m² pour le plancher seul (isolant à plots, tubes PER, collecteur, chape fluide, régulation), soit 6 000 à 9 000 € pour 100 m². Il faut y ajouter le coût de la PAC air-eau : 8 000 à 14 000 € selon la puissance et la marque (Daikin Altherma 3 : 9 000-12 000 €, Atlantic Alfeéa : 8 500-11 000 €, Mitsubishi Ecodan : 9 500-13 000 €). Le coût total PAC + PCH atteint 14 000 à 23 000 € pour 100 m², soit 3 à 4 fois le prix du PRE.
En rénovation, les coûts augmentent pour les deux solutions, mais de manière inégale. Le PRE en rénovation (trame mince sous ragréage) coûte 50 à 80 €/m², incluant la dépose de l'ancien revêtement, la préparation du support et la repose du carrelage. Le PCH en rénovation est rarement envisageable à cause de la rehausse de sol de 10 à 15 cm (qui oblige à modifier les portes, les seuils, les escaliers). Quand c'est possible (rénovation lourde avec dépose de la dalle existante), le coût atteint 80 à 120 €/m², plus la PAC. Des alternatives existent : le plancher chauffant sec (sans chape, épaisseur 30-50 mm) coûte 90 à 130 €/m² mais permet la rénovation sans travaux lourds.
Les aides financières réduisent l'écart de coût en faveur de la PAC + PCH. MaPrimeRénov' accorde 3 000 à 5 000 € pour une PAC air-eau (selon revenus du ménage). Les certificats d'économie d'énergie (CEE) ajoutent 500 à 1 000 €. La TVA est à 5,5 % pour la PAC (rénovation énergétique) contre 10 % pour le PRE (amélioration de l'habitat). Après aides, le surcoût de la PAC + PCH par rapport au PRE se réduit à 6 000 à 12 000 €, amorti en 4 à 8 ans par les économies d'énergie.
Le coût d'entretien doit aussi être pris en compte. Le PRE ne nécessite aucun entretien : pas de pièce mécanique, durée de vie de 30 ans et plus. La PAC air-eau exige un entretien annuel obligatoire (décret de juillet 2020) : vérification du fluide frigorigène, nettoyage des filtres, contrôle des performances. Le coût d'un contrat d'entretien est de 150 à 250 €/an. Le plancher hydraulique lui-même nécessite un désembouage tous les 5 à 10 ans (300 à 600 €). Sur 20 ans, le coût d'entretien cumulé de la PAC + PCH atteint 3 500 à 6 000 €, contre zéro pour le PRE.
Le choix entre PRE et PAC + PCH dépend fortement du contexte : construction neuve ou rénovation. En construction neuve, le plancher chauffant hydraulique couplé à une PAC est le choix le plus fréquent pour les maisons individuelles. La RE 2020 impose un seuil maximal de consommation d'énergie primaire non renouvelable de 75 kWh/m²/an. Le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est de 2,3 : chaque kWh électrique consommé compte pour 2,3 kWh d'énergie primaire dans le calcul réglementaire. Le PRE, avec son COP de 1, pénalise lourdement le bilan énergétique.
En pratique, une maison neuve RE 2020 de 100 m² en zone H2 avec PRE consomme environ 3 500 kWh électriques par an pour le chauffage, soit 8 050 kWhep/an (3 500 × 2,3), soit 80,5 kWhep/m²/an. Ce chiffre dépasse le seuil de 75 kWhep/m²/an si on ajoute les autres postes (ECS, éclairage, auxiliaires). La même maison avec PAC + PCH (SCOP 4,2) consomme 3 500 / 4,2 = 833 kWh électriques, soit 1 916 kWhep/an (19,2 kWhep/m²/an pour le chauffage seul). Le seuil réglementaire est largement respecté. C'est pourquoi la PAC + PCH domine le marché du neuf depuis 2022.
Le PRE reste toutefois présent dans certaines constructions neuves : les appartements (où la PAC individuelle est complexe à installer), les maisons à très faible budget et les petites extensions où le raccordement à une PAC existante est disproportionné. Dans ces cas, le PRE est souvent complété par un ballon thermodynamique pour l'ECS (COP 2,5-3,5), ce qui améliore le bilan énergétique global.
En rénovation, la situation s'inverse partiellement. Le PRE (trame mince sous ragréage, rehausse de 2 cm seulement) s'installe facilement dans une maison ancienne sans travaux lourds. Il peut remplacer des convecteurs électriques défaillants dans une salle de bain ou un séjour, pièce par pièce, à moindre coût. La PAC + PCH en rénovation nécessite des travaux beaucoup plus lourds : dépose du revêtement de sol, décaissement de la dalle (si la hauteur sous plafond le permet), pose de l'isolant, des tubes et de la chape, attente de séchage (3 à 4 semaines pour une chape fluide), puis repose du revêtement. Le logement est inhabitable pendant les travaux (4 à 6 semaines).
La meilleure stratégie en rénovation est souvent un compromis. La PAC air-eau est installée et raccordée aux radiateurs existants (en adaptant la température de départ d'eau). Le PRE est ajouté dans les pièces en cours de rénovation (salle de bain refaite, extension) pour le confort au sol. Cette approche mixte offre les économies de la PAC sur le chauffage central tout en profitant du confort du sol chauffant dans les pièces stratégiques, sans nécessiter de travaux sur l'ensemble de la maison.
Chaque pièce de la maison a des besoins thermiques spécifiques qui orientent le choix entre PRE et PCH. La salle de bain est la pièce où le plancher chauffant (quel que soit le type) offre le plus grand confort. Sortir de la douche et poser les pieds sur un sol à 25-27 °C est un confort appréciable. Le PRE est idéal pour la salle de bain car sa réactivité rapide (20 minutes) permet de le programmer 30 minutes avant la douche. Le PCH hydraulique convient aussi mais sa lenteur impose un fonctionnement quasi continu en hiver.
Le séjour et le salon sont des pièces de grande surface (25 à 40 m²) où l'homogénéité de la température est primordiale. Le PCH hydraulique excelle dans ces pièces grâce à sa surface d'émission uniforme et sa température stable. Le PRE fonctionne également mais la consommation électrique pour chauffer 35 m² de séjour est élevée : 35 × 50 W = 1 750 W en régime, soit 1,75 kWh par heure de fonctionnement. Sur une saison de chauffage (2 000 heures en zone H2), la consommation atteint 3 500 kWh pour le séjour seul, soit 880 €/an.
Les chambres nécessitent une température plus basse (17-18 °C la nuit, 19-20 °C le matin). Le PCH hydraulique avec régulation par zone est parfait : le thermostat de chaque chambre limite le débit d'eau pour maintenir 17 °C la nuit et augmente le matin. Le PRE offre le même service avec plus de réactivité mais une consommation supérieure. Pour les chambres sous combles ou avec une grande surface vitrée, le PRE en appoint (trame de 60-80 W/m²) complète agréablement un radiateur ou un plancher hydraulique existant.
La cuisine est souvent une pièce problématique pour le plancher chauffant. Les meubles de cuisine (lots centraux, électroménager encastré) recouvrent une partie du sol et empêchent la diffusion de la chaleur. Il faut prévoir les trames ou tubes uniquement dans les zones de passage, en excluant l'emprise des meubles. Le PRE est plus simple à adapter car les trames peuvent être découpées à la forme de la pièce. Le PCH nécessite un plan de pose précis dès la conception, car les tubes ne peuvent pas être modifiés après coulage de la chape.
Le garage, l'atelier ou la véranda sont des espaces où le PRE est souvent le choix le plus pragmatique. Ces pièces sont chauffées de manière intermittente (quelques heures par jour ou par semaine) et ne justifient pas le coût d'une extension du réseau hydraulique. Un PRE de 100 W/m² dans un garage de 20 m² coûte environ 1 200 € et offre un chauffage rapide à la demande. Pour la véranda, le PCH est toutefois préférable si la PAC existe déjà, car les besoins de chauffage sont élevés (grandes surfaces vitrées) et le coût électrique d'un PRE serait prohibitif.
Le couloir et l'entrée sont des zones de faible surface (5 à 10 m²) où le plancher chauffant est un vrai plus pour le confort, surtout dans les régions froides. Le PRE est idéal pour ces petits espaces : une trame de 5 m² coûte 250 à 400 € et consomme peu (250 W en régime). Le PCH n'est intéressant dans ces zones que si l'ensemble de la maison est déjà équipé en plancher hydraulique.
L'analyse économique sur 10 et 20 ans intègre le coût d'installation, la consommation énergétique, l'entretien et le remplacement des équipements. Pour une maison de 100 m² en zone H2, isolée selon la RT 2005, les chiffres sont parlants. Scénario PRE : installation 5 000 €, consommation annuelle 8 000 kWh × 0,2516 = 2 013 €, entretien 0 €. Coût sur 10 ans : 5 000 + 20 130 = 25 130 €. Coût sur 20 ans : 5 000 + 40 260 = 45 260 € (sans hausse de tarif).
Scénario PAC + PCH : installation 18 000 € (avant aides), aides MaPrimeRénov' et CEE 4 000 €, reste à charge 14 000 €. Consommation annuelle 2 105 kWh × 0,2516 = 530 €. Entretien annuel 200 € (contrat PAC). Coût sur 10 ans : 14 000 + 5 300 + 2 000 = 21 300 €. Coût sur 20 ans : 14 000 + 10 600 + 4 000 + 3 000 (remplacement compresseur à 15 ans, estimé) = 31 600 €. L'économie sur 20 ans est de 45 260 - 31 600 = 13 660 € en faveur de la PAC + PCH.
Si l'on intègre la hausse prévisible du tarif de l'électricité (+4 %/an en moyenne), les économies s'amplifient. Sur 20 ans, la facture cumulée du PRE atteint 64 800 € (au lieu de 40 260 € à tarif constant). Celle de la PAC + PCH atteint 22 000 € (consommation + entretien). L'écart grimpe à 42 800 € sur 20 ans, aides déduites. Le PRE devient alors un gouffre financier sur la durée, même si son coût initial est attractif.
Le scénario de revente du logement doit aussi être considéré. Depuis l'entrée en vigueur du DPE opposable (2021) et l'interdiction progressive de location des passoires thermiques (F en 2028, E en 2034), un logement avec PRE comme chauffage principal affiche un mauvais DPE (classe D ou E pour une maison ancienne) à cause de la forte consommation électrique. Le même logement avec PAC + PCH gagne 1 à 2 classes de DPE (B ou C), ce qui augmente sa valeur de revente de 5 à 15 % selon les études notariales.
Pour les investisseurs locatifs, l'équation est différente. Le PRE permet de minimiser l'investissement initial et le loyer absorbe la charge énergétique (le locataire paie l'électricité). Toutefois, avec l'obligation d'affichage du DPE dans les annonces et la sensibilité croissante des locataires à la performance énergétique, un logement équipé d'une PAC + PCH se loue plus facilement et à un meilleur prix. Le surcoût d'installation est amorti par la prime de loyer et la valorisation du bien.
La durée de vie des équipements renforce l'avantage du PCH sur le long terme. Les tubes PER du plancher hydraulique sont garantis 30 ans et durent en pratique 50 ans et plus. Le câble chauffant du PRE a une durée de vie similaire (30 ans). La différence porte sur la source de chaleur : la PAC dure 15 à 20 ans, après quoi elle est remplacée (8 000 à 12 000 €) sans toucher au plancher. Le PRE ne nécessite aucun remplacement de source mais reste définitivement bloqué à un COP de 1, sans possibilité d'amélioration technologique.
Oui. Le PRE a un rendement de 100 % (1 kWh électrique = 1 kWh de chaleur), tandis que la PAC avec plancher basse température atteint un SCOP de 3,5 à 4,5. Pour 8 000 kWh de chauffage, le PRE consomme 8 000 kWh électriques et la PAC seulement 1 800 à 2 300 kWh. La différence de facture annuelle dépasse 1 400 € pour une maison de 100 m².
Difficilement. Le plancher hydraulique nécessite une rehausse de sol de 10 à 15 cm (isolant + tubes + chape), incompatible avec la hauteur sous plafond existante dans la plupart des cas. La solution alternative est d'installer une PAC raccordée à des radiateurs basse température et de conserver le PRE dans la salle de bain uniquement.
Le PRE peut être utilisé en maison neuve RE 2020 mais pénalise le bilan énergétique à cause du coefficient de conversion en énergie primaire (2,3 pour l'électricité). Un complément avec un ballon thermodynamique pour l'ECS est nécessaire pour respecter le seuil de 75 kWhep/m²/an. La PAC + PCH est plus simple pour atteindre la conformité RE 2020.
Oui, avec une PAC réversible. L'eau circule à 18-20 °C dans les tubes, abaissant la température ambiante de 3 à 5 °C. Ce rafraîchissement est silencieux et sans courant d'air. Une sonde de point de rosée évite la condensation sur le sol. Le PRE ne peut pas rafraîchir.
Pour une salle de bain seule (5 à 10 m²), le PRE est le choix le plus rationnel. L'installation coûte 400 à 800 €, la consommation est faible (100-150 kWh/an) et la réactivité rapide (sol chaud en 20 minutes). Installer une PAC pour une seule pièce serait disproportionné.
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